La prise en charge

Jusqu’à il y a très peu de temps, en France, pour l’autisme et les Troubles Envahissants du Développement (TED), on faisait de la psychanalyse. Pour ceux qui l’ignorerait, la psychanalyse n’a rien à dire ni à faire avec l’autisme. La psychanalyse est une croyance, une pratique qui doit rester limitée à un rapport entre adultes consentants. On doit la sortir du soin, des enfants en particulier (et pas seulement de l’autisme).

Aujourd’hui, les enfants sont souvent diagnostiqués « psychose infantile », « troubles de la séparation », ou encore de « dysharmonie développementale ».
Après ces « diagnostiques », l’enfant est dirigé vers un psy qui va tenter de le dépsychoser tout en culpabilisant les parents. Il peut y avoir des exceptions mais ça se passe ainsi dans la grande majorité des cas.

Pour aider les enfants TED, dans bien d’autres pays, la première chose qui est mise en place d’une prise en charge basée sur l’Analyse Appliquée du Comportement  (ou ABA). Ce n’est pas une méthode contrairement à ce qu’on peut lire et entendre à droite et à gauche. C’est une science. Rien n’ai laissé au hasard ou au jugement de valeur. Tout est vérifiable, quantifiable, démontrable, reproductible.

Pour mieux comprendre ce qu’est l’ABA, voici un extrait trouvé sur le site d’ABA France.

« Il s’agit d’une approche scientifique initiée par les travaux de Skinner dans les années 1930. Selon lui, la psychologie doit être l’étude et l’analyse du comportement. Ses travaux s’inspirent d’une loi démontrée par Thorndike : la loi de l’effet. Selon cette loi, un comportement suivi de conséquences agréables (stimulus appétitifs) sera reproduit alors qu’un comportement suivi de conséquences désagréables (stimulus aversifs) ou n’ayant pas de conséquences dans l’environnement ne réapparaîtra pas. L’environnement a ainsi une place centrale dans l’émission des comportements, qui ne peuvent être expliqués par des concepts tels que l’intelligence, la volonté, la motivation… Il nous faut donc agir directement sur l’environnement si nous voulons modifier les comportements.

 

Qu’est-ce que l’ABA?

 

L’ABA a pour objectif la modification du comportement par la manipulation de l’environnement. Elle définit un ensemble de procédures qui permettent, notamment, à un enfant d’apprendre des comportements qui l’amèneront à une meilleure adaptation.

Cette approche est reconnue efficace à tous les âges de la vie et dans de très nombreux domaines, aussi bien sur un plan préventif que curatif. Selon le service des départements de santé américain :
« Trente années de recherches ont montré l’efficacité des méthodes de l’analyse appliquée du comportement en réduisant les comportements inappropriés et en augmentant la communication, les apprentissages et les comportements sociaux adaptés » (traduit de Mental health : a report of the surgeon general, chapter 3 – section 6, 1999).
Son champ d’action recouvre des secteurs aussi variés que : l’éducation, les troubles du développement, la psychiatrie, les milieux professionnels, les troubles du comportement, la prévention routière, les addictions, l’autisme, l’hyperactivité, les phobies, le handicap, la dépression, la violence, la gériatrie, le domaine sécuritaire, l’aide à la parentalité, la déficience mentale, les troubles obsessionnels compulsifs, la communication, etc.

 

Ce que l’ABA n’est pas.

 

  • Elle ne se base pas sur l’idée de « la carotte ou le bâton »
  • Elle ne déshumanise pas les personnes qu’elle prend en charge
  • Elle n’est pas synonyme de dressage
  • Ce n’est pas magique
  • Elle ne se limite pas au travail au bureau
  • Elle ne se limite pas à des environnements structurés

Bien sûr la structuration de l’environnement est parfois nécessaire au déroulement d’une prise en charge comportementale mais ce n’est pas une fin en soi. Progressivement, les comportements sont généralisés à des situations naturelles, rencontrées dans la vie quotidienne de l’individu.

La plupart des critiques émanent de la méconnaissance des recherches en analyse du comportement et de ses fondements théoriques.

 

Choix thérapeutique privilégié pour l’autisme et TED

 

Bien que l’analyse appliquée du comportement soit efficace dans de nombreux domaines, pathologiques ou non, elle se révèle comme le traitement de choix pour les personnes atteintes d’autisme ou présentant des troubles envahissants du développement (TED). Des études ont en effet montré qu’une récupération totale était possible sous certaines conditions. Lovaas (1987) a mené une étude auprès de 38 enfants de 2 à 4 ans dont 19 avaient été diagnostiqués autistes. Les autres forment le groupe contrôle. Ces enfants ont reçu le traitement comportemental (cf ci-dessous) à mesure de 40h par semaine pendant 3 ans. Les résultats montrent que 9 enfants (47%) réussissent leur première année scolaire ordinaire et obtiennent un QI normal, que 8 enfants (42%) réussissent leur première année dans une classe pour troubles du langage et obtiennent un QI compris entre 59 et 95, soit de la déficience légère à l’intelligence normale.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes…

Les recherches de Lovaas ont également abouti à la définition de ce que l’on appelle le traitement comportemental.

 

Critères du traitement

 

1. Utiliser des procédures de renforcement positif pour permettre le développement des comportements.

2. Evaluer les capacités et les déficits de l’enfant avant tout traitement. Les objectifs, les méthodes d’apprentissage, les séquences d’apprentissage et les renforçateurs sont adaptés aux caractéristiques et aux besoins de chaque enfant.

3. Concerner tous les domaines du développement (langage, moteur, cognitif, social, etc.). Aucun secteur de développement n’est mis de côté.

4. Utiliser l’observation directe et la mesure des performances individuelles pour déterminer les progrès qui apparaissent et ajuster les programmes d’apprentissage.

5. Prendre en compte les parents comme co-thérapeutes.

6. Etre dirigés et supervisés par des professionnels ayant un Master science en analyse du comportement.

A noter : Nous attendons de la part du gouvernement français qu’il reconnaisse le titre d’analyste du comportement, en créant une unité de formation spécifique.

Pour une efficacité optimale, un traitement comportemental doit être appliqué à raison de 40 heures par semaine auprès d’enfants de moins de 4 ans. Cependant, une prise en charge comportementale portera également ses fruits si elle est appliquée auprès de personnes plus âgées, ou de manière moins intensive : les progrès seront néanmoins moins rapides.

Publicités
Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :